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Ces matchs au cours desquels l’AS Roma a renversé la tendance a force d’y croire.

Depuis la création de l’AS Roma le 22 juillet 1927, son Histoire est parsemée de victoires, de défaites et surtout de désillusions ponctuelles dont les romanisti ont, de manière quasiment masochiste, tendance à se rappeler.

Pour ne reprendre que l’Histoire récente, l’on se rappellera, notamment, de la défaite innommable du 26 mai 2013, des raclées (7-1) prises face à Manchester United en 2007 et face au Bayern Munich en 2014. On se rappellera également de certaines douleurs comme les scudetti manqués sur le fil en 2010 ou en 2017. Enfin, comment ne pas rappeler la finale de ligue des champions manquée face à Liverpool en 2018. Bref, vous l’aurez compris, la liste des malheurs est plus longue que la liste des trophées.

Toutefois, s’il est un fait que l’AS Roma nous a habitué à des saisons blanches, exaspérantes voire humiliantes, elle a aussi été capable de se transcender, d’afficher le niveau des plus grands, et de renverser un adversaire largement supérieur ou avec un avantage au score. C’est là ce qui fait sa légende ! Chaque Romanista sait que l’AS Roma n’a que pour seul adversaire elle-même. Qu’elle est capable de subir contre le dernier du championnat italien sans aucune raison valable, mais qu’elle est également capable de faire jeu égal avec le Gotha européen, et de faire rêver.

C’est pourquoi nous vous proposons une liste non-exhaustive de matchs retours européens au cours desquels la Roma, donnée perdante ou en mauvaise posture, a su renverser les pronostiques et est sortie vainqueur de l’arène !


AS ROMA / DUNDEE UNITED (3-0) – Demi-finale de la Coupe des clubs champions 1983-1984

  • Score au match aller : défaite 2-0 en Ecosse
  • XI AS Roma : TANCREDI, NAPPI, RIGHETTI, NELA, FALCAO, MALDERA, CONTI, CEREZO, PRUZZO, DI BARTOLOMEI, GRAZIANI

Il s’agit de la première demi-finale de Coupe des clubs champions de l’Histoire de l’AS Roma, et cela n’est pas une partie de plaisir, dès lors que les giallorossi ont été battu 2-0 lors du premier match. Tout est à faire. Seule possibilité pour l’équipe de la Capitale : gagner 3-0 dans un Stadio Olimpico plein.

La rencontre est tendue, et les nerfs des vainqueurs du Scudetto 1983 sont mis à rude épreuve dans un match que l’on peut qualifier de dingue. D’entrée de jeu, Roberto Pruzzo s’essaye sur un centre de Conti. Manqué.

Les premiers vrais de faits de match arrivent à la 10e minute de jeu. Le ballon part en touche, proche de la surface de réparation des écossais, en faveur de l’AS Roma. C’est Agostino Di Bartolomei qui se charge de relancer. Le Capitano envoie le ballon le plus proche du but. Graziani, qui se trouve quasiment au point de pénalty, réceptionne, contrôle, petite passe arrière à Cerezo qui sert Bruno Conti qui frappe sans contrôle. Manque de chance, sifflé hors-jeu. C’est au tour du Capitaine Agostino Di Bartolomei de s’essayer sur une course. But refusé également.

Pas le temps de respirer, les écossais de Dundee tentent leur chance face à une défense romaine complètement endormie, mais l’arbitre siffle également un hors-jeu.

Il faut attendre la deuxième partie de la première période pour voir le match enfin se débloquer. C’est Roberto Pruzzo qui va prendre l’avantage. D’abord, sur un corner magnifiquement tiré de Bruno Conti, qui arrive pile là où il faut : sur la tête de Roberto Pruzzo qui ne se loupe pas.

Ensuite, à l’initiative du capitaine Di Bartolomei qui, de la zone des 30 mètres du but, fait un centre très précis à destination de la surface de réparation des écossais mal intercepté par la défense adverse. Le ballon arrive dans les pieds de Pruzzo qui détonne après un contrôle du torse. 2-0 à la mi-temps, l’AS Roma a le droit d’y croire.

Dans ces circonstances, Dundee, qui commençait le match avec l’avantage au score, n’a d’autres choix que d’attaquer et de pousser haut. Erreur fatale. L’AS Roma prend le jeu à son compte. Conti fait une passe longue à Cerezo qui se trouve juste devant la surface de réparation adverse. Cerezo ne contrôle pas, il fait directement une passe longue à Roberto Pruzzo qui, dans la surface, prend le temps de contrôler. Mais le gardien adverse, sous pression, se met juste devant Pruzzo pour faire barrage et oblige Pruzzo à tomber. PENALTY ! C’est le légendaire Agostino Di Bartolomei qui s’y colle. GOAL, 3-0. Le score ne bougera plus.

Score cumulé 3-2, l’AS Roma est qualifiée pour la première fois de son histoire en finale de la Coupe des Clubs champions!


AS ROMA / BRØNDBY 3-1 – Huitième de finale de la Coupe UEFA 1995-1996

  • Score au match aller : défaite 1-2 au Danemark
  • XI AS Roma: CERVONE, ANNONI, LANNA, STATUTO, ALDAIR, CARBONI, MORIERO, CAPPIOLI, BALBO, THERN, TOTTI

De nouveau, si l’AS Roma veut l’emporter, elle doit impérativement mettre trois buts pour se qualifier. Cela est d’autant plus difficile que l’équipe Danoise réalise un bon parcours européen.

Le match est tendu et même horrible à voir, les équipes n’arrivant pas à développer leur jeu en raison du pressing. Cela se joue sur des contacts et des récupérations de ballon. Dès la 5e minute, Nielsen prend un carton jaune.

Il faut attendre la 22e minute pour voir le premier tournant du match. Dans la zone de récupération de BRONDY, Balbo réussit à récupérer in-extrémiste un ballon suite à une chute du défenseur adverse, centre pour Cappioli qui tente sa chance de la tête. Manque de pot, Krogh, le gardien adverse, parvient à la repousser… Mais c’est sans compter sur un jeune talent, dénommé Francesco Totti, qui arrive pile devant lui, et le flingue. Le monde européen saura se souvenir de ce nom.

L’AS Roma continue de pousser mais ne parvient pas à trouver la solution et le match se résume à “attaque défense”. C’est dire, il n’y aura, au total, que 3 tirs (pour 3 cadrés) coté giallorossi, contre un seul tir (et seul cadré) côté Danois.

A la 72e minute, Lanna, qui se trouve dans la zone défense de l’AS Roma, centre en direction de Totti. Trop long, c’est récupéré par l’adversaire qui compte partir en contre. Vraiment? Non. C’est sans compter Thern qui récupère le ballon, passe longue à Balbo qui débloque. GOAL! 2-0.

Il ne reste que 20 minutes, mais l’AS Roma a plus que jamais l’obligation d’y croire.

Toutefois, l’AS Roma ne serait pas l’AS Roma sans une douche froide. Les danois parviennent à marquer à la 84e minute en jouant en mode très offensif et sur une grossière erreur de Thern. 2-1. La messe est dite?  

90e minute. L’Homme en noir n’a pas encore sifflé la fin de la rencontre et les danois commencent littéralement à jouer le temps. Mais c’était sans compter sur la volonté de fer des giallossi qui, affamés, vont chercher le ballon jusque dans les pieds adverses, et remontent le terrain. Un ballon à destination de Francesco Totti qui nous fait une talonnade direction Carboni qui ne se fait pas prier. GOAL ! 3-1, la messe est dite pour le club de la Capitale qui se qualifie pour le prochain tour !


AS ROMA / FC BARCELLONA – Quart de finale de ligue des champions 2017-2018

  • Score au match aller : défaite 4-1 au Camp Nou
  • XI de l’AS ROMA: ALISSON, MANOLAS, FAZIO, JUAN JESUS, FLORENZI, DE ROSSI, KOLAROV, NAINGGOLAN, STROTMAN, DZEKO, SCHICK

Impossible de ne pas parler de cette rencontre tant il s’agit de quelque chose d’inimaginable après la correction 4-1 au Camp Nou. Par ailleurs, bien qu’efficaces, les giallorossi ont passé le précédent tour sur le fil face au Shkathar Donetsk (merci Juan Jesus qui stoppe un tir adverse sur la ligne de but lors du match retour, ndlr) et ont eu quelques difficultés en phase de poule. La rencontre au Camp Nou est pire puisque l’AS Roma réalise l’exploit d’aligner deux goals contre son camps dès la première période.

Il faudra donc un miracle.

Pourtant, dans un Stadio Olimpico plein et bouillant, les giallorossi n’attendent pas et prennent directement le jeu à leur compte, au point que le Barcelone ne va jamais réussir à développer son jeu.

Les deux premiers à lancer les hostilités ne sont autres Messi et Dzeko avec des tirs aux pigeons. Schick tente sa chance de la tête. Ça ne passe pas loin, mais ça ne passe pas. La Roma pousse encore et encore. Ça donne des maux d’estomacs tant on s’interdit de croire en quoi que ce soit.

Et pourtant… Et pourtant… Qui de mieux que le désormais seul capitaine de l’AS Roma, Daniele De Rossi, pour lancer les hostilités? Fort d’un centre en parabole, l’héritier de Francesco Totti sert son attaquant Edin Dzeko qui reçoit le ballon dans la surface de réparation. En deux touchés de balles in-extrémistes, le Bosniaque, béni des Dieux romains ce soir, envoie le ballon dans les filets. C’est propre. C’est goal ! 1-0. Le Stadio explose.

La première période reste sur ce score, et il parait inconcevable de voir l’avenir du club de la Capital changer en 45 minutes face à une des meilleurs équipes européennes. La différence est trop grande.

Et pourtant … Et pourtant .. 58e minutes, sur un centre, Edin Dzeko reçoit une nouvelle fois le ballon dans la surface de réparation. L’occasion est très confortable puisqu’il se trouve à même pas trois mètres de l’adversaire. Il peut le faire, le but est tout fait, mais la défense du Barcelone craque et le fait chuter. L’arbitre siffle! PENALTY INDISCUTABLE !

Le stade est tendu .. c’est un véritable climat de mort qui règne à Rome. Encore une fois, qui de mieux que le Capitaine De Rossi pour prendre ses responsabilités? C’est à lui que revient la lourde charge psychologique de tirer. Il tire, en puissance comme d’habitude. Le gardien est battu. GOAL. 2-0. Le stade est en ébullition. Cette fois, les giallorossi sont bénis des Dieux, elle doit y croire.

On arrive tout doucement à la fin du match. D’un côté, le Barcelone, qui n’arrive pas à développer son jeu, et qui cherche à conserver l’avantage au score. De l’autre côté, l’AS Roma y croit, mais est psychologiquement bloquée parce qu’une seule erreur, aussi minime soit-elle, va la condamner. Le temps joue contre l’AS Roma qui avance à pas de souris face au Barcelone qui va chercher à maintenir le cap.

Et pourtant.. Et pourtant .. 81e minute. La Roma obtient un corner. C’est Cengiz Under, entré en jeu dix minutes plus tôt, qui va le tirer. Bizarrement, les giallorossi ne se mettent pas juste devant le but. Ils sont dans la surface de réparation mais légèrement en retrait. Cengiz centre. Manolas fonce intercepter le ballon. Il met la tête. Le ballon part vers la cage. Le gardien est battu. Le grec n’y croit pas. C’est but. 3-0. Incroyable! Le stade explose! C’est inimaginable.

Carlo Zampa, le plus célèbre des tifosi giallorossi, commentateur pour la chaine de télévision Mediaset explose, est en larme. Les nerfs ont lâché, comme pour tous.

La Roma tient bon le reste du match et est qualifiée pour la deuxième fois de son Histoire en demi-finale de la plus grande compétition européenne.


En bref

Évidemment, les matchs racontés ici ne sont pas les seuls au cours desquels l’AS Roma a renversé la tendance. Ce ne sont que les matchs les plus emblématiques. Voici d’autres exemples, non exhaustifs:

  • AS Roma – Rapid Vienne 5-1 (1-3) / Huitièmes de finales Coupe d’Europe Centrale 1936
  • AS Roma – Oester Vaxjoe 2-0 (0-1) / Seizièmes de finale Coupe UEFA 1975-76
  • AS Roma – Partizan Belgrade 2-0 (2-4) / Seizième de finale Coupe UEFA 1988/1989
  • AS Roma – Gaziantespor 2-0 (0-1) / Seizièmes de finale Coupe UEFA 2003/2004
  • AS Roma – Shakhtar Donetsk 1-0 (2-1) / Huitième de finale de ligue des champions 2017/2018

Espérons que l’AS Roma de Mourinho fasse partie de ces giallorossi qui ont su avoir l’oeil du tigre

Antonino

⚖️ Avocat-stagiaire (Belgique)⚖️ | 🐺 CM @AsRomaFrancophone twitter depuis 2013 🐺 |

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