Gasperini : « El Aynaoui, Ghilardi, Zaragoza, Vaz… Ils ont tous eu leur chance »
Gian Piero Gasperini s’est exprimé ce jeudi 09 avril 2026 à la veille de la réception de Pisa à l’Olimpico pour le compte de la 32ème journée de Serie A.
Y a-t-il une date prévue pour le retour sur le terrain des joueurs blessés ?
« Je pense que Mancini sera rétabli dès la semaine prochaine. J’espère que ce sera le cas pour Wesley aussi; ils m’ont l’air d’aller bien. Donc, les blessures qu’ils ont eues sont nettement moins graves que ce qui a été annoncé. Dybala se porte déjà plutôt bien, mais son retour est un peu plus incertain, je dirais une semaine ou deux. Les blessures ont vraiment été préjudiciables à partir d’un certain moment, à partir de fin décembre, surtout à cause de leur durée, et non à cause de leur nombre. Ce qui est arrivé à Wesley avec l’équipe nationale, ce sont des blessures inévitables pour une équipe qui joue autant de matchs pendant autant de mois. On est absent une semaine ou deux, pas des mois… Nous avons eu des blessures de très longue durée, à commencer par Ferguson, Bailey, Dovbyk, puis Dybala, Soulé… J’ai du mal à tous les compter, mais il y en a eu au moins six ou sept, sur plusieurs mois ».
« Ce fut une période vraiment difficile à cet égard, notamment à cause des nombreux problèmes musculaires. Rares sont les joueurs qui n’ont pas souffert de problèmes musculaires. Il y a aussi, bien sûr, des courbatures et des douleurs, certains joueurs ont dû manquer un match, comme Mancini actuellement. D’autres, comme Mancini, ont du jouer le nez cassé en portant un masque… Nous avons connu un passage à vide, certain dû en partie à cette situation d’urgence constante, que nous avons d’abord accusé en attaque à cause des nombreuses blessures, mais après celà, également en défense… ».
Avez-vous eu besoin de convaincre les joueurs que la saison peut encore réserver beaucoup de choses, notamment en ce qui concerne l’avenir de certains footballeurs dont le sort a été remis en question ces derniers jours ?
« Non, pour l’instant nous ne pensons pas au futur, nous pensons au présent. Ce qui s’est passé en seconde période à Milan ne doit absolument plus se reproduire. Il y a eu un relâchement, un effondrement du moral, et c’est la seule chose qui ne doit jamais arriver. Cette équipe a la conscience tranquille quant à sa manière de travailler, sa façon d’interpréter les matchs et tout le parcours réalisé cette saison. C’est une équipe qui réagit, ce sont des garçons sérieux, attachés au club, motivés, qui veulent faire le maximum. »
« Je sais que vendredi sera un match difficile ; même si nous rencontrons une équipe presque reléguée, nous savons très bien que Pise est une équipe coriace, qui a fait de bonnes choses lors de ses dernières sorties. Les matchs, il faut les gagner. Il est clair que nous devons maintenant faire beaucoup mieux en termes de résultats. Nous n’avons plus beaucoup de marge d’erreur et nous devons commencer dès ce match, en sachant que certaines rencontres de Serie A peuvent sembler plus abordables, mais restent toujours très compliquées. Il faut de l’unité et de la détermination pour rester dans la course. Nous savons que si nous gagnons demain, nous nous rapprocherons de certains concurrents, selon les autres résultats, mais nous pouvons faire ce pas en avant. »
Il reste un mois et demi avant la fin de la saison, et huit joueurs sont en fin de contrat, entre les prêts et ceux dont le contrat se termine. Je me souviens que vous avez dit il y a quelque temps n’avoir jamais travaillé avec autant de joueurs au futur incertain. Y a-t-il des nouveautés sur ce front ?
« Cette situation n’est pas nouvelle, elle existe depuis le début de l’année. Puisqu’elle n’a pas été traitée plus tôt, elle est restée telle quelle. Ce sont des garçons sérieux. Il est impossible de dire aujourd’hui ce qui se passera dans un mois ou un mois et demi ; cela dépendra de la volonté de la direction et de celle des joueurs. La situation est très claire : il y a ceux qui arrivent à échéance, ceux qui sont en prêt, et ceux qui pourraient potentiellement être sur le mercato pour, disons, améliorer le bilan comptable. »
« Mais ce sont des situations qui, pour l’instant, ne concernent personne. À la fin du match à Milan, Pellegrini qui venait de perdre 5-2 a assumé ses responsabilités, il est allé répondre aux interviews. Je ne peux dire pour personne ce qui se passera, mais je sais que je dois beaucoup à ce groupe et je leur suis très reconnaissant pour la manière dont ils ont interprété la saison jusqu’ici. Et ce n’est pas après une défaite que je vais changer d’avis. Je veux fermement, avec eux, essayer de bien finir la saison, si possible avec un objectif qui est encore réalisable, qui est devenu plus difficile et que personne ne nous accordait avant cette saison, du moins en dehors de Rome. C’est nous qui nous sommes fixé ce but, et nous voulons tout faire pour l’atteindre. Ce qui se passera dans un mois est imprévisible, mais nous jouerons les derniers matchs ensemble au maximum de nos capacités. On pourra dire que nous avons été bons ou moins bons, mais jamais que nous n’avons pas tout essayé. »
Pouvez-vous nous expliquer ce qui a manqué, ou manque encore, à des joueurs comme El Aynaoui, Ghilardi, Zaragoza ou Vaz pour s’imposer comme titulaires indiscutables ?
« Je fais des choix. Si je fais jouer Mancini, c’est un choix, mais Ghilardi a tout de même énormément joué. Vaz a plus joué ici qu’à Marseille. Il ne leur manque rien, ils ont tous eu leur chance dans cette équipe. Après, si vous voulez que Vaz joue à la place de Malen, ou Ghilardi à la place de, je ne sais pas, Ndicka… il y a une équipe qui joue avec une certaine continuité. Il y a des joueurs qui débutent, d’autres qui entrent, et selon moi, ils ont tous progressé, y compris ceux que vous citez. Si cela ne suffit pas, je ne sais pas quoi dire. »
Selon vous, en quoi cette équipe n’est-elle pas « taillée » pour la quatrième place ? Est-ce la qualité des titulaires, le manque d’alternatives, ou simplement le fait d’avoir perdu trop de joueurs récemment ?
« Toutes les périodes de méforme que nous avons connues ont pesé très lourd. À partir d’un certain stade du championnat, cela a indubitablement compté. Cela ne signifie pas que nous n’avons pas toujours essayé de rester le plus haut possible. Nous étions très hauts, nous avons glissé un peu plus bas, et nous continuons. Quant au débat sur la valeur des joueurs, sur qui doit être titulaire, si l’équipe peut viser le titre ou la 2e, 3e ou 4e place par rapport aux adversaires… chacun est libre de ses évaluations. Mon évaluation est que c’est nous qui avons placé cette équipe dans la lutte pour le top 4. Au-delà de la valeur des adversaires, nous nous sommes imposé cet objectif. Si nous n’y arrivons pas, nous aurons au moins fait le maximum. L’objectif, c’est nous qui l’avons fixé. »
Vous avez répété l’importance de maintenir un certain noyau dur, à renforcer et non à démanteler. Pourtant, une volonté différente semble émerger du club, laissant entendre que plusieurs joueurs présents depuis longtemps pourraient être discutés. Existe-t-il une divergence de vues ?
« Je ne sais pas. Je pense à jouer les sept matchs restants avec le groupe le plus fort possible et je travaille pour atteindre cet objectif. Ces discussions se feront en temps voulu, dans les lieux appropriés, par ceux qui doivent les mener. Moi, je vous dis qu’il nous reste sept matchs. Indépendamment des objectifs atteints ou non, jusqu’au dernier match à Vérone le 24 mai, nous resterons des gens sérieux. C’est notre devoir. »
Une question de nos auditeurs à la radio : pourquoi dans certains matchs, comme à Milan, quand vous voyez que les choses ne fonctionnent pas, ne changez-vous pas d’approche ? Pourquoi ne pas faire comme d’autres entraîneurs qui installent soudainement un bloc bas pour défendre quand ils sentent que ça tourne mal ?
« Écoutez, jusqu’à la dixième minute de la seconde période à Milan, nous faisions un excellent match. Il n’y avait aucun signe technique avant-coureur. En dix minutes, nous avons pris trois buts et le match a pris une direction inédite cette saison. Sur cet aspect, je crois que nous avons toujours fait de très bons matchs. Nous en avons perdu certains de trop, souvent sur des détails, mais nous en avons gagné 18. Je crois que le chemin est celui de chercher la victoire. Ce serait bien de ne pas perdre ou de faire match nul quand on ne peut pas gagner, mais ma Roma, c’est ça. C’est ma façon d’interpréter le football, et ce n’est pas par hasard si elle permet d’atteindre des objectifs. »
Je vous propose un petit jeu : si la Roma atteint son objectif, Gasperini reste ; si elle échoue, Gasperini part. Est-ce que cette façon de penser vous agace ?
« Mais qui dit cela ? Si c’est la direction qui le dit, cela a du sens. Mais je ne sais pas qui… Je suis pour la liberté de pensée. Les supporters sont passionnés et libres d’avoir toutes les opinions possibles. C’est une réflexion comme une autre : « si tu réussis, c’est bien, sinon tu sors ». Ce que je peux vous dire, c’est que la direction ne m’avait jamais demandé la Ligue des Champions cette année ; c’est moi qui l’ai dit. Mais bon, peu importe. »
Nous sommes à sept matchs de la fin de votre première saison comme entraîneur de la Roma. Où en est votre processus ?
« Je pense que l’unique objectif est toujours de chercher à améliorer les équipes, de les rendre plus fortes. Quand les équipes sont plus fortes et ont donc plus de chances d’obtenir des résultats, tout s’ajuste, tout fonctionne. C’est la seule chose à laquelle je pense : comment rendre l’équipe plus forte à chaque fois. »
Contre Pise, peut-on s’attendre à voir El Aynaoui titulaire ?
« Il n’a pas beaucoup joué dernièrement. Après la Coupe d’Afrique, il a eu des difficultés physiques, il se plaignait de douleurs. Mais c’est un garçon sain. Comme je l’ai dit souvent, il faisait de très belles choses avant la CAN et jouait avec régularité. Récemment, ses entrées ou ses titularisations n’ont pas eu le même rendement qu’auparavant, mais je compte sur lui pour qu’il redevienne performant. »
Y a-t-il un joueur que vous jugez indispensable ?
« Je pense que pour améliorer une équipe, avant de penser à se priver de ce que l’on a, il faut comprendre ce que l’on va mettre à la place. C’est le point central. On aimerait tous avoir Messi ou Ronaldo, mais il faut rester réaliste. J’ai vu sur Transfermarkt qu’en deux ans, 30 joueurs sont arrivés ici. Parmi eux, peut-être 4 ou 5 jouent actuellement, peut-être moins. Si vous me demandez mon avis — sans blâmer personne — je pense qu’il faut peut-être moins de quantité et plus de qualité ciblée. Rome a connu de grands joueurs et de grandes équipes, le public sait reconnaître le talent. Je suis plus partisan de cette idée-là que de prendre 30 joueurs. C’est mon opinion, elle n’engage que moi. »
Quel type de joueurs espérez-vous trouver sur le marché ?
« C’est un choix qui appartient à la société. Il y a plusieurs approches : soit prendre des joueurs avec de très gros contrats, comme cela a été fait, mais la direction ne veut peut-être plus suivre cette voie. Soit prendre des joueurs très jeunes, mais je ne sais pas si une place comme Rome peut l’accepter ; si vous mettez trop de jeunes, vous baissez probablement les ambitions. L’idéal est de trouver les bonnes cibles, avec les bons coûts et les bons salaires. Est-ce facile ? Non. Est-ce possible ? Peut-être. Si c’est la voie choisie, on travaille dessus.
« Voilà, j’ai vraiment voulu être le plus clair possible aujourd’hui pour que vous me laissiez tranquille sur ces sujets pendant les sept derniers matchs. En dehors de ces conférences, vous savez que je ne parle pas. Vous avez tous mon numéro, mais vous n’avez aucun message ni aucun appel de ma part, à part peut-être les premiers jours pour faire connaissance. Je n’ai pas d’autres nouvelles à vous donner. On se revoit la semaine prochaine. Pour moi, seul compte le match contre Pise demain. Si on gagne, on sera un peu plus heureux demain soir. »