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Tiago Pinto : « Nous avons réussi un bon mercato – Tout est OK pour Pellegrini »

Ce 01 septembre 2021, à l’issue de la fenêtre estivale du mercato, le directeur général du secteur sportif Tiago Pinto a donné une conférence de presse à Trigoria où il a répondu aux questions des journalistes.

Traduction française AmoRoma.fr – source asroma.com

« Merci d’être ici. Je pense qu’il est important pour moi d’avoir l’opportunité aujourd’hui d’expliquer la stratégie et ce qui s’est passé sur ce mercato. Mais tout d’abord, je tiens à remercier les propriétaires pour le travail qu’ils ont fait ces derniers mois. Et pas seulement pour l’investissement, mais aussi pour l’aide, pour la présence au quotidien et pour la vision qu’ils ont ».

Un travail d’équipe

« Quand je suis arrivé ici, on a beaucoup parlé de travail d’équipe. Mais ce n’est pas qu’en théorie, c’est aussi en pratique. On a fait les choses tous ensemble. On a pris les décisions ensemble et je suis très content, car c’est ainsi qu’on peut bien travailler, c’est ainsi qu’on pourra donner le meilleur pour la Roma. J’ai invité ces personnes à la conférence de presse d’aujourd’hui, car mener plus de quarante négociations en moins de deux mois, ce n’est pas seulement le travail de Tiago Pinto. C’est également celui des branches juridiques et financières, mais également le travail de Morgan De Sanctis et Maurizio Lombardo qui m’ont aidé. Car pour vous, bien des fois, seul les noms des joueurs comptent. Mais dans un football aussi complexe, il est très difficile de négocier si vous n’avez pas une équipe compétente et engagée qui peut le faire ».

« Je suis très exigeant envers moi-même, je suis le premier à être en colère quand les choses ne vont pas bien, mais je peux dire que c’était peut-être le marché des transferts le plus difficile de l’histoire du football récent. Et au final, nous avons réussi à faire un bon mercato. Je ne suis pas quelqu’un qui va vous appeler pour vous dire qu’il a fait un grand mercato, ce n’est pas ma façon de travailler. Mais dans ce contexte, nous avons réussi à amener le meilleur entraîneur du monde à Rome, à devenir une équipe plus forte et à trouver des solutions pour plus d’une trentaine de joueurs. Bien sûr, vous allez parler des choses qui n’ont pas réussi, mais je pense que nous avons fait du bon travail ».

Vous avez amélioré le banc, le secteur défensif et l’attaque. Il manque quelque chose au milieu de terrain. Le budget était-il épuisé ?

« Quand je suis arrivé, tout le monde m’a dit que Rome était une place difficile. Au cours de ces huit mois, j’ai également appris à vivre dans cette ville. Aujourd’hui, je m’amuse, car le mercato a fermé hier – nous avons également quatre, cinq fenêtres où nous pouvons trouver des solutions – mais toutes les questions portent sur le milieu de terrain. Je pense que c’est un peu ça Rome ».

« Le thème n’est pas le budget : il faut comprendre que ce que nous avons investi sur le mercato un montant supérieur à ce que Dan et Ryan pensaient au départ. Le marché est dynamique et, à certains moments, nous avons eu l’envie de faire quelque chose de différent pour accélérer le processus de reconstruction de la Roma. Vous connaissez tous l’intérêt que nous avions pour Xhaka, que nous n’avons pas pu conclure au bon moment, car d’autres choses se passaient sur le mercato ».

« Nous voulions faire ce qui était le plus urgent pour l’équipe. Je ne cherche jamais d’excuses sur mon travail, mais nous ne pouvons pas oublier l’héritage que nous avions. Lorsque cette saison a commencé, nous avions plus de 60 joueurs sous contrat. Et ce n’est pas facile à gérer. Il est clair que vous et les tifosi regardez ce qui manque, mais nous devons avoir un équilibre. Nous avons fait ce que nous pensions être juste pour devenir plus forts ».

Vous attendez-vous à une négociation compliquée pour la prolongation de Pellegrini ?

« Non. Lorenzo Pellegrini veut continuer avec la Roma et la Roma veut que Pellegrini reste. il n’y aura aucun problème »

Êtes-vous satisfait du travail effectué sur les ventes ? Concernant les jours hors projet, peuvent-ils être réintégrés ?

« Je pourrais vous demander combien de DS ont vendu des joueurs cet été ? Je pense que trouver des solutions pour plus de trente joueurs, même s’ils n’ont pas été vendus, c’est du bon travail. Et le faire avec des joueurs si bien payés, je pense que c’est un bon travail. »

« Peut-être qu’ailleurs il y a meilleurs DS que moi, et je suis là pour apprendre, mais je pense que cette question serait juste dans un autre mercato. Sur ce, je pense qu’il suffit de regarder les transferts pour juger. Pour moi, il est clair qu’il aurait été mieux de trouver des solutions pour tout le monde. Nous n’avons pas réussi seulement pour ceux qui ne voulaient pas partir. Nous avons dix fenêtres de mercato ouvertes. Nous allons travailler pour trouver des solutions. Mourinho en a parlé. Nous avons travaillé dur et nous avons apporté des offres à la table de tout les joueurs. De bonnes offres, pour lesquelles aucun d’entre eux n’aurait perdu un euro. Alors, je ne peux pas entrer dans la tête des joueurs. Voyons ce qui se passera. Nous avons des fenêtres de transfert ouvertes, on travaille avec les agents et avec le staff. Après le mercato, nous verrons »

À la vue de tous les investissements, La Roma peut-elle se battre pour le Scudetto. Et serait-ce un échec de ne pas se qualifier pour la Ligue des champions ?

« Ma vision n’est pas le Scudetto, mais travailler chaque jour pour raccourcir la distance entre la Roma et le succès. Nous avons parlé du temps à plusieurs reprises, mais le temps n’est pas une excuse pour ne pas gagner. Il est clair que nous voulons gagner, à commencer par Sassuolo. Nous avons le manager le plus fort du monde, nous avons une équipe plus forte que la saison dernière et nous avons apporté de nombreux changements dans la structure proche de l’équipe. Et tout cela nous rapproche du succès »

« Mais je ne peux pas penser au mois de mai car nous sommes en septembre. Nous devons avoir la mentalité de gagner tous les matchs. Ensuite, si nous nous battons pour le Scudetto à la fin de la saison, nous serons là. Quant à la deuxième question, c’est clair que la Champions League est l’objectif principal. Je ne m’en cache pas. C’est pour celà que nous sommes ici »

Un regret en fin de mercato ?

« Comme je l’ai dit, le mercato est très dynamique. Nous n’avons pas pu prendre Xhaka. Il voulait venir et Arsenal ne voulait pas le vendre à ce moment-là. C’est un regret. Mais le vrai regret est cette situation de licenciements, car nous avons vraiment beaucoup travaillé avec Morgan et les autres personnes dans cette salle pour apporter des offres concrètes qui respectent le joueur »

Quelle relation avez-vous avec Mourinho ? Était-ce un stimulus ou une pression supplémentaire ?

« Je suis très fier que nous ayons pu, tous ensemble, amener Mourinho ici. C’est une fierté. Je suis portugais, j’ai 36 ans et, depuis que je suis enfant, Mourinho est une référence, même s’il a entraîné Porto et que je viens de Benfica. Mais Mourinho a une dimension un peu stratosphérique pour un Portugais. Aujourd’hui, je suis un professionnel. Plusieurs fois, nous pouvons être en désaccord, mais j’en profite chaque jour pour apprendre de lui parce qu’il a travaillé dans les meilleurs clubs du monde et a tout gagné. Mais je ne ressens pas cette pression : nous avons pu travailler ensemble tous les jours, avant même de commencer la saison, nous avons évalué l’équipe ensemble et nous savons ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas faire. Et quand je regarde le banc de la Roma, il n’y a pas que lui qui dit qu’il y a un manque d’expérience. Je suis fier, heureux et motivé de travailler tous les jours avec Mourinho »

Stratégiquement, comment êtes-vous passé de la priorité Xhaka à ne prendre personne au milieu de terrain ? Avez-vous déjà décidé de revenir sur le mercato en janvier ?

« Sur Xhaka j’ai déjà répondu : le mercato est dynamique et il s’est passé des choses pour lesquelles il fallait donner une réponse et au final il y avait toujours un lien entre l’entrée et la sortie du joueur. Nous avons cinq, six milieux de terrain et puis, avec la tendance du marché, nous avons décidé de ne prendre personne. Mais il est important de dire que le milieu de terrain de la Roma possède un champion d’Europe comme Cristante, un milieu de terrain qui a marqué plus de buts en Europe qu’en équipe de France (Veretout, ndlr), a Villar qui a été titulaire dans tous les matchs des moins de 21 ans d’Espagne, à Diawara, à Darboe… On ne peut pas parler comme s’il n’y avait pas de milieu de terrain. Maintenant, il faut aussi équilibrer les choses »

« Quant à janvier, vous pensez qu’une grande partie du succès sportif est toujours le marché des transferts et pour cette raison, aujourd’hui que le marché des transferts est terminé depuis hier, vous me posez des questions sur janvier. Il y a beaucoup de travail à faire chaque jour avec une équipe de football qui permet de gagner, il n’y a pas que le marché.
Le marché des transferts est important et en janvier nous serons là pour évaluer, pour comprendre si les joueurs ont évolué ou pas, s’il y a eu des blessures, si l’entraîneur est satisfait, quel est le classement… On peut tout analyser, mais je ne peux pas sauter de septembre à janvier. Je suis aussi là pour faire évoluer les joueurs, pour aider l’entraîneur, pour avancer. Car s’il n’y avait eu que le marché des transferts, Lille n’aurait pas remporté le titre la saison dernière ».

Il y a eu les blessures de Spinazzola et la vente de Dzeko. Si tout s’était déroulé conformément aux plans initiaux, la Società aurait-elle investi des montants similaires ?

« Je ne sais pas. Comme je l’ai dit, le marché est dynamique. Quand quelque chose arrive, j’y vois une opportunité. Je suis comme ça. Quand Spinazzola s’est blessé, j’étais désolé mais j’ai pris Vina et nous avons résolu le problème. Et quand Leo aura récupéré, nous aurons trois arrières latéraux vraiment forts »

« Quant à Dzeko, beaucoup y ont vu un problème mais moi plutôt une opportunité d’accélérer notre projet sportif et nous avons pris Abraham. Le marché est dynamique. Quand les gens disent qu’on a fait un marché réactif, Je réponds que c’est comme ça avec tout le monde. Il arrive souvent qu’on vende ceux qu’on ne veut pas vendre et qu’on ne vende pas ceux qu’on voudrait vendre. C’est le mercato. Il faut savoir comment réagir chaque jour à ce que le le marché nous donne ».

Est-ce difficile de travailler sur le mercato avec le championnat déjà commencé ?

« Je n’aime pas. Je viens d’une réalité – au Portugal on vend beaucoup – où, à l’intérieur du club, on a toujours eu l’idée qu’il y avait deux saisons complètement différentes : quand le mercato est ouvert et quand il est fermé. Heureusement, nous avons gagné les quatre premiers matchs et nous nous en sortons très bien. Mais ce n’est pas facile de gérer une équipe, les joueurs et tout cet environnement avec le mercato ouvert. Je n’aime pas ça, mais c’est comme ça et on fait avec ».

Tenir le cap avec les licenciements est-il une nouvelle stratégie pour l’entreprise ?

« Avant d’être directeur sportif, je suis un fan de football. J’allais au stade pour voir le coach et les joueurs, pas les DS. Au final, mon travail est aussi de respecter le joueur et sa décision, mais je dois aussi être honnête : ce n’est pas facile pour moi en tant que DS de trouver quatre, cinq, six offres que je considère importantes et qui ne nuisent pas au contrat et à l’intégrité du joueur, et de voir au final qu’aucune n’est acceptée ».

« Dimanche, avant le match contre Salernitana, j’ai dit que c’était un choix très difficile : nous avons commencé la saison avec une soixantaine de joueurs sous contrat, sachant qu’il était impossible pour Mourinho, et pour aucun entraîneur, de gérer tous les joueurs à l’entraînement. C’est un problème général. Koeman a récemment déclaré : « J’ai suivi des cours d’entraîneur, mais personne ne m’a appris à travailler avec 34, 45 joueurs » ».

« Nous avons fait ce choix pour réduire le groupe et donner la possibilité de créer cet environnement : une équipe compacte, soudée, unie et prête à se battre pour la Roma jusqu’à la dernière seconde. Et cette attitude, ce vestiaire et cet environnement, ne changeront pas. Après, je suis là pour prendre mes responsabilités. Je remercie tous les joueurs qui ont vécu cette situation et leurs agents, car 95% d’entre eux ont fait un effort pour trouver une solution. Et je ne Je veux parler d’aucun en particulier, mais deux ou trois ont vraiment fait un effort important. Au final, nous sommes tous des êtres humains libres qui prennent des décisions et nous en subissons les conséquences ».

Concernant Villar ?

« C’est un joueur de la Roma, c’est un bon milieu de terrain. L’année dernière, Villar a joué 42, 43 matchs. Il doit profiter de l’opportunité de travailler avec Mourinho pour développer son jeu et devenir encore plus important  ».

Avez-vous ressenti le poids de Mourinho sur le marché ?

« Absolument oui. Je pense que peut-être les gens ne veulent pas le dire, mais c’est une fierté et ça nous aide. Quand vous faites un travail comme le nôtre, ce n’est pas la même chose que d’avoir n’importe quel entraîneur ou Mourinho. Je pense que nous avons su bien en profiter ».

Quand pensez-vous récupérer Smalling et Spinazzola ?

« Je ne peux pas parler de Spinazzola, car c’est plus compliqué. Je ne sais pas exactement. Il a une envie incroyable de rejouer et nous devons le freiner. Smalling devrait revenir avec Sassuolo. Il a fait une bonne pré-saison, puis il a eu cette blessure. Mais je ne pense pas que ce soit quelque chose de grave  ».

Pensez-vous qu’il y a un risque à donner des joueurs comme Dzeko, Florenzi et Pedro à des concurrents ?

« Dans cette vie, toute décision est un risque. Lorsque Laporta décide de laisser partir Messi, il prend un risque incroyable. Ces trois footballeurs sont trois situations différentes. Mais quand un joueur ne veut pas jouer pour la Roma, il veut partir et jouer pour d’autres équipes, c’est important. Parce que nous construisons un projet nouveau et différent, où les joueurs doivent mourir pour la Roma. Nous avons réussi à trouver un accord avec chacun d’entre eux. Si on regarde ce qui s’est passé sur les grands noms du marché, on voit que la Roma n’a rien fait de différent des autres. Alors oui, les décisions prises sont un risque ».

« Je ne regarde pas les matchs de l’Inter en attendant que Dzeko ne joue pas. Je suis heureux. Dzeko était un joueur important et ce fut un immense plaisir de travailler avec lui. L’année dernière, nous l’avions avec Mayoral. Aujourd’hui, nous avons Abraham, Shomurodov et Mayoral, il ne me semble pas que nous soyons plus mal lotis ».

Quelle note donnez-vous à votre mercato ?

« Écoutez, si l’on considère que beaucoup de gens pensaient que je ne ferais aucun transfert, ça pourrait être un huit. Si l’on considère que c’était le mercato le plus difficile du football, peut-être encore plus. Cependant, à la fin, il y a toujours de la place pour s’améliorer et apprendre. Alors, je dirais peut-être 7,5 ».

Source
asroma.com

Oddi Stephane

▶ Consultant digital marketing freelance 📝 Créateur et rédacteur du blog AmoRoma.fr 📍 Rome depuis 2019 - Originaire d'Avignon (France)

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